Amelia Earhart, l’icône du ciel
Dans les années 1930, une icône du ciel est en train d’éclore de l’autre côté de l’Atlantique. Elle s’appelle Amelia Earhart et elle déchaîne les passions dans l’Amérique des Années folles.
La première fois qu’Amelia Earhart voit un avion, elle a onze ans. Nous sommes en 1908 et seulement aux balbutiements de l’aviation. Son père l’emmène voir un appareil mais il est pour elle “une vieille chose de bois et de fer rouillé, pas du tout intéressante.”
Durant la Grande Guerre, alors qu’elle est volontaire à la Croix-Rouge et infirmière dans un hôpital militaire au Canada, Amelia boit les récit des pilotes qui reviennent du front. C’est un début de révélation.
Toutefois, sa passion pour l’aviation débute vraiment pendant les fêtes de Noël 1920. Amelia a vingt-trois ans et rejoint ses parents en Californie. Un tout nouvel aérodrome vient d’être inauguré à Long Beach. Elle s’y rend dès qu’elle peut et passe le nez en l’air à observer ces machines volantes. A son tour, elle se décide à prendre des leçons. Elle cumule les petits boulots pour se payer des cours. Le 15 décembre 1921, elle décroche sa licence et se met à apprendre la voltige.
Sans même s’en apercevoir, elle est lancée dans une course aux records et aux premières. Son large sourire ne fait pas encore le tour du monde mais ses performances commencent à attirer l’attention des pionniers de l’aviation et des journalistes. Pour elle, l’aviation est un amusement. Quand on lui demande pourquoi elle pilote, elle répond simplement : “For the fun of it !”
En mars 1928, on lui propose de survoler l’Atlantique. Elle réfléchit à peine et répond oui. C’est un tournant de sa carrière. Tous les observateurs s’accordent à dire qu’elle ressemble comme une goutte d’eau à un certain Charles Lindbergh, auteur un an auparavant d’un vol transatlantique retentissant. On la surnomme d’ailleurs Lady Lindy.
Le 17 juin, l’hydravion Friendship parvient à s’arracher des flots après plusieurs tentatives. A son bord, en passagère, Amelia. Après vingt heures de vol, l’équipage atterrit au Pays de Galles. La nouvelle de l’exploit se répand comme une traînée de poudre. Amelia connaît son premier bain de foule mais ne comprend pas cette euphorie. On doit lui rappeler qu’elle est la première femme à avoir traversé l’Atlantique. A ses yeux, elle ne mérite pas autant d’éloges, ayant été simplement passagère.
Elle devient alors une véritable icône moderne, faisant la une de la presse magazine. Elle devient une flapper, le terme désignant ces jeunes filles un peu délurées qui défient les normes de l’Amérique puritaine. Cette renommée soudaine l’épuise. Son seul désir: voler, encore et encore. Elle est la première femme ensuite à traverser les Etats-Unis d’un bout à l’autre, aller-retour.
C’est en 1932 qu’elle signe son exploit majuscule, la première traversée de l’Atlantique d’une femme en solo. A son atterrissage, le Président des Etats-Unis, Hoover, lui écrit : “Vous avez démontré non seulement votre propre courage, mais aussi la capacité des femmes à égaler les compétences des hommes en accomplissant les prouesses les plus difficiles.” Il n’y a pas de plus beau compliment pour Amelia.
Amelia Earhart disparaîtra en vol le 2 juillet 1937 alors qu’elle tentait un tour du monde à bord de son Lockheed Electra. L’épave de l’avion n’a jamais été retrouvée.

