Avec les As de la Grande Guerre

Ce que raconte Joseph Kessel dans L’équipage, ce sont les premières grandes pages de l’aviation militaire. Au départ, point de combats aériens. L’aviation, ce sont d’abord les yeux de l’armée.

L’officier, ce n’est pas le pilote mais l’observateur. Celui-ci ne touche pas aux commandes de l’avion. Son boulot, c’est de la reconnaissance, de l’observation et des relevés de tirs d’artillerie. L’objectif: indiquer aux troupes au sol les positions ennemies et donner aux artilleurs les données permettant d’ajuster leurs tirs. La donne ne change qu’à la fin de l’été 1915, un peu plus d’un an après le début du conflit. Les avions finissent par être considérés comme de véritables armes de guerre. De petits bombardiers font leur apparition. Peu manœuvrables, il faut penser à les protéger par des chasseurs capables de les escorter.

Les combats sont encore rares et les victoires incertaines. Certains tentaient de tirer avec des révolvers ou des carabines mais à partir d’avions difficiles à stabiliser, il était rare que le coup touche sa cible. Chez les Français, ce sont Garros et Pégoud, les premiers qui obtiennent des victoires dès lors commentées sur tous les terrains d’aviation.

C’est le début de l’ère des As, une petite caste de pilotes audacieux et téméraires. Très vite, il se font appeler les chevaliers du ciel. Au-dessus de la boucherie qui se joue dans les tranchées, le combat aérien s’apparente aux duels des anciens temps. Ces combats sont évidemment loin d’être des parties de plaisir mais ils révèlent des valeurs de noblesse dans les deux camps. Au sol, les soldats applaudissent les prouesses de ces premiers pilotes de chasse.

En Allemagne, le Baron Rouge, Manfred von Richthofen devient une idole. En France, ce sont Guynemer ou Fonck, la Cigogne blanche, qui font les gros titres. Les années 1917 et 1918 sont l’apogée de ce temps des As. A bord de leurs biplans ou triplans, ils sont comparés à des oiseaux de proie. La chasse aérienne devient ainsi une composante majeure des conflits armés. Elle l’est encore aujourd’hui.

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