Aux prémices de l’Aéropostale

Après la Grande Guerre, la paix enfin revenue, l’aviation se cherche une nouvelle vocation. Il y en a un qui ne tarde pas à avoir à une idée lumineuse, Pierre-Georges Latécoère. Depuis Toulouse, dont il a déjà fait une place forte de l’aéronautique, il livrait des avions de guerre pour l’armée française, pas moins de 800 en 1918.

Au lendemain de la guerre, il met en œuvre son idée, sa grande idée, pensée dès le précédent printemps: créer une ligne postale aérienne entre la France et l’Amérique du Sud, en survolant les Pyrénées, la péninsule ibérique, le Maroc et le Sahara puis l’Atlantique, l’Amazonie et enfin la cordillère des Andes réputée comme étant indomptable.

Le projet est fou. Lui-même déclare :

“J’ai refait tous les calculs, ils confirment l’opinion des spécialistes: le projet est irréalisable. Il ne nous reste qu’une chose à faire : le réaliser !”

Au départ, il ne construit même pas d’avions capables de franchir tous ces obstacles géographiques. Il s’adresse à Louis Breguet qui lui fournit le Breguet 14. Il nomme ensuite Beppo di Massimi, son ami, rencontré pendant la guerre de tranchées, au poste de Directeur général de la jeune société des Lignes aériennes Latécoère. Ce dernier engage dans la foulée Didier Daurat, figure incontournable de la ligne, comme Directeur d’exploitation. L’aventure de l’aéropostale peut débuter. Des pilotes triés sur le volet, dont on attend une exemplarité et un sens de la rigueur hors normes, sont recrutés. Ces noms vont devenir des légendes : Mermoz, Guillaumet, Saint-Exupéry, Reine, Lécrivain…

Le 1er septembre 1919, un premier voyage relie Toulouse à Rabat au Maroc. La ligne devient régulière la même année et la Compagnie Générale d’Entreprise Aéronautique est fondée. Quatre ans plus tard, la ligne se poursuit jusqu’à Dakar, au Sénégal. En 1925, une première liaison aérienne postale relie Rio de Janeiro à Buenos Aires.

Pierre-Georges Latécoère n’a plus les moyens en 1927 de financer les activités de sa compagnie en Amérique du Sud. Il la cède à Marcel Bouilloux-Lafont qui lance la grande aventure de l’Aéropostale. Les exploits vont alors s’enchaîner, les drames aussi mais surtout les plus belles pages d’une fraternité entre pilotes.

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