Henri Péquet, le premier facteur du ciel
Il demeure un grand oublié de l’histoire aéronautique. A son époque, ce sont Louis Blériot, Nungesser ou Guynemer qui marquent les esprits. Pourtant, Henri Péquet est le doyen des pionniers de l’Aéropostale et des défricheurs du ciel.
Né le 1er février 1888 à Bracquemont, en Seine-Maritime, il se passionne pour l’aviation à l’aube du XXe siècle, quand celle-ci ne fait que ses premiers pas. D’abord aéronaute en 1905, il obtient son brevet de pilote en juin 1910. Cette même année, il participe à la Grande Semaine d’aviation de la Champagne, l’incontournable rendez-vous international de l’aéronautique à cette période.
Entre temps, Henri Péquet avait été recruté comme mécanicien chez Gabriel Voisin qui venait de fonder la première grande usine aéronautique au monde. Fort de cette double expérience d’aviateur et de mécanicien, il est perçu comme un pilote pouvant prétendre à des exploits plus importants.
C’est ainsi qu’en 1911, il rejoint l’Inde, une terre où l’aéronautique est encore un mystère. Dans le cadre de l’exposition universelle de l’Industrie et des Transports de Allahabad, et avec l’aide de l’armée britannique, il a pour mission de transporter, pour la première fois dans les airs, du courrier. Le vol a lieu le 18 février 1911 sur un biplan Sommer. Henri Péquet réalise la liaison entre Allahabad et Naini Junction, deux villes distantes de dix kilomètres, en 27 minutes et transporte un sac de courrier de quinze kilogrammes remplis de plus de six mille lettres affranchies spécialement, la recette étant destinée à une œuvre caritative pour aménager un hôtel local pour les étudiants indiens.
Henri Péquet devient donc le premier aviateur à avoir transporté officiellement du courrier par avion. Ce vol représente les prémices des liaisons postales aériennes puisqu’après cette première, il poursuit le transport régulier de courriers jusqu’à Naini Junction.
Revenu en France, il s’engage dans les premières escadrilles militaires et est envoyé en Russie au cours de la Première Guerre Mondiale dans le cadre d’une mission militaire qui vise à renforcer les capacités aériennes de ce pays allié de la France.
Après le conflit, Morane-Saulnier le recrute comme pilote d’essai. En 1934, il s’installe en Auvergne et devient chef-pilote à l’Aéro-club de Vichy. Durant la Seconde Guerre Mondiale, Henri Péquet devient résistant et est même capturé par la Gestapo en 1943, comme son épouse, Andrée, qui sera déportée en Allemagne jusqu’à la Libération.
Après la guerre, il reprend du service à l’aérodrome de Vichy jusqu’en 1953. Il totalise plus de 8 200 heures de vol et aura parcouru tout au long de sa carrière plus d’un million de kilomètres. Il disparaît le 14 mars 1974 à Vichy à l’âge de 86 ans.

