Le destin de Gregory Boyington, la tête brûlée de l’aviation américaine

« Pendant la seconde guerre mondiale, le commandant des Marines Greg « Pappy » Boyington, était à la tête d'une escadrille de pilotes de chasse. Celle-ci était composée de marginaux et d'aventuriers qui devinrent les terreurs du Pacifique Sud. On les appelait… Les Têtes brûlées. » Cette accroche bien connue forme le générique d’ouverture de la formidable série télévisée américaine Les Têtes brûlées, diffusée pour la première fois entre 1976 et 1978.

Immense succès du petit écran, elle s’inspire très librement de la vie du pilote Greg Boyington qui a combattu sur le front du Pacifique durant la Seconde Guerre Mondiale, un personnage haut en couleurs sur lequel il convient de braquer les projecteurs.

Son entrée dans le monde de l’aviation remonte à l’année 1930 quand il entame des études d’ingénieur aéronautique avant d’intégrer, quatre ans plus tard, la firme Boeing. Il s’engage ensuite en 1935 dans le corps des Marines et est affecté à la base aéronavale de Pensacola en Floride où il apprend le métier de pilote de chasse. Il reçoit son brevet de pilote militaire le 11 mars 1937 avant d’être envoyé à San Diego. En 1941, il est de nouveau affecté comme instructeur à Pensacola. Toutefois, il se lasse vite de ce rôle. Son comportement marginal et bagarreur, son addiction à l’alcool, dont il dira que ce fut son ennemi n°1 devant les Japonais, finissent aussi d’exaspérer sa hiérarchie.

Il démissionne alors qu’il entend parler d’une escadrille de mercenaires en train d’évoluer en Asie du Sud-Est. Il s’agit des Tigres volants, équipés du célèbre P-40 Curtiss. Il rejoint donc comme pilote volontaire cette escadrille commandée par le général Claire Lee Chennault afin de contrer les Japonais qui étendent leur suprématie en Chine. Alors qu’il était grisé par cette aventure, il passe à peine à quatre mois au sein de ce groupe de chasse, ne supportant pas les ordres de Chennault. Il raconte avoir abattu six avions japonais bien que les autorités américaines en décomptent entre deux ou quatre selon différentes sources. Lors de ce court séjour, il hérite du surnom de “Pappy”, étant le pilote le plus âgé de la formation. Après avoir rompu son contrat avec les Tigres Volants en avril 1942, il rejoint les Etats-Unis comme commandant de réserve.

Seulement, les Etats-Unis, en pleine guerre du Pacifique, ont besoin de pilotes, et de pilotes expérimentés. Malgré son comportement, il est reconnu comme un pilote audacieux. Il est donc envoyé au début de l’année 1943 en plein Pacifique Sud, et reçoit le commandement d’une escadrille où se mêlent des pilotes fraîchement formés et des pilotes qui ont plus de bouteille. Il surnomme dans un premier temps son unité “The Boyington’s Bastards”, de quoi provoquer l’ire de l’état-major. Il rebaptise alors l’escadrille sous le nom de “The Black Sheep” (Les brebis galeuses), non sans provocation encore. Contrairement à la légende, l’unité n’est pas minée par les problèmes d’alcool ou les visites de filles qui font perdre la tête à nos pilotes. Ces faits sont alimentés par la série américaine. En revanche, la réputation de l’escadrille de Pappy Boyington tient en ce que ses pilotes, entraînés par la fougue de leur leader, optent pour des tactiques de combat très agressives. Ils sont seulement 26 pilotes à évoluer sur le redoutable Corsair, célèbre pour ses ailes qui peuvent se replier au sol, et vont obtenir 127 victoires aériennes homologuées. 22 sont notamment attribuées à Pappy Boyington.

L’histoire ne s’arrête pas là. La tête brûlée Boyington finira par être descendu à son tour. Repêché par un sous-marin japonais, il est interné dans un camp de prisonniers. Aux Etats-Unis, on le croit mort et on lui décerne à titre posthume la plus haute distinction militaire, la Medal of Honor. Il n’est libéré du camp qu’en août 1945 et peut donc faire son retour aux Etats-Unis. Le président Harry Truman le décore alors personnellement. Il figure dans le Top 5 des plus grand as de l’aviation américaine durant la Seconde Guerre Mondiale.

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