La Big Week, un tournant méconnu de la Seconde Guerre Mondiale

A l’hiver 1944, les Alliés sont déjà en pleine préparation du Débarquement prévu en juin en Normandie. Mais la future opération Overlord ne peut être un succès que si les forces aériennes allemandes sont profondément affaiblies. Les Américains et Anglais peaufinent alors une opération baptisée Argument pour obtenir une nette supériorité aérienne. Il s’agit donc de cibler les usines de production d’avions de chasse allemands tout en attaquant les pilotes les plus redoutables de la Luftwaffe. Cette opération est rapidement surnommée The Big Week, ayant atteint son apogée dans la semaine du 20 au 25 février 1944. Inlassablement, les forces aériennes américaines et britanniques, bombardent, de nuit comme de jour, les villes allemandes. Les forteresses volantes sont escortées alors par des Spitfire et des P-47 Thunderbolt avant que le P-51 Mustang et son long rayon d’action entre en scène sur le front de l’Ouest.

L’opération reste méconnue en France parce qu’elle est l’œuvre uniquement des Américains et des Anglais. Elle est donc peu étudiée dans notre pays alors qu’elle a joué un rôle tactique de premier plan pour le succès du D-Day.

Sans affaiblir la Luftwaffe, les troupes alliées au sol auraient en effet été trop exposées aux bombardements allemands et aux attaques en piqué, lors de leur débarquement sur les plages de Normandie. En ayant éreinté les As de la Luftwaffe, les Alliés ont ainsi obtenu la maîtrise du ciel européen parce qu’ils n’avaient plus qu’en face d’eux des pilotes, à quelques exceptions près, peu expérimentés.

On comprend mieux la fatigue et la baisse de moral d’un As comme Heinz Knoke qui voyait alors déferler quotidiennement des vagues de bombardiers bien escortés par des chasseurs britanniques et américains sur les villes allemandes. Malgré tout ce que ce dernier a mis au point, notamment le fait de larguer des bombes sur des grappes de bombardiers, ce qui lui vaudra les félicitations d’Hermann Göring, la large supériorité en nombre des appareils alliés finit par faire la différence. Les As allemands ont beau utilisé de nouvelles techniques de combat, comme attaquer avec des roquettes, ils sortent exténués de cette campagne. Même s’ils continuent à se défendre avec honneur les mois qui suivent, ils ne sont plus qu’une poignée au moment du Débarquement.

Pour les forces américaines et anglaises, cette campagne ne fut pas de tout repos non plus. Bombarder l’Allemagne était souvent synonyme de sacrifice ultime. Ceux qui veulent en savoir plus sur ces vols à haut risque en B-17 peuvent lire Les Maîtres de l’Air de Donald L. Miller, un livre majeur sur la guerre aérienne.

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