Portrait de Romain Gary, l’aviateur

L’aviation apparaît chez Romain Gary seulement dans le troisième acte de La promesse de l’aube, publié en 1960. Mais le cœur du roman demeure sa relation avec sa mère. “Avec l’amour maternel, la vie vous fait à l’aube une promesse qu’elle ne tient jamais. On est obligé ensuite de manger froid jusqu’à la fin de ses jours.”, écrit-il. Lui s’est tenu aux deux promesses qu’il s’est faites: vaincre Hitler et devenir écrivain. Une façon pour lui de décrocher la fierté de sa mère qui rêvait qu’il devienne un héros. Deux écrivains-aviateurs ont entretenu des relations très riches avec leur mère, Saint-Exupéry et Gary, de façon différente toutefois. Dans La promesse de l’aube, la mère de Gary est partout. On aurait presque l’impression qu’elle habite son cockpit. Elle est comme une fée qui accompagne son fils combattre dans le ciel du vieux continent les forces de l’Axe.

L’aviation est ainsi inscrite dans l’ADN de Romain Gary. Voici ce qu’il faut donc retenir de Romain Gary, l’aviateur. Romain Gary est naturalisé français en 1935. Il est appelé ensuite au service militaire pour intégrer l’aviation. En novembre 1938, il est incorporé à Salon-de-Provence et devient élève observateur à l’Ecole de l’Air d’Avord. Breveté mitrailleur le 1er avril 1939, il est le seul, en raison de ses origines étrangères, à ne pas être nommé officier parmi trois cents élèves.

Il est sergent en juin 1940 sur la base de Bordeaux-Mérignac et constate avec amertume la défaite française. Il veut continuer la lutte et s’évade de France en avion. Après un détour par l’Afrique du Nord, il débarque au cœur de l’été 1940 en Angleterre et demande à servir dans les Forces aériennes de la France libre. Il est envoyé au Moyen-Orient et au Maghreb au sein du Groupe de bombardement Lorraine où il s’illustre. Dans cette aventure, il contracte le typhus, devient presque mourant, obligé de rester à l’hôpital durant six mois.

Promu lieutenant en décembre 1942, il retrouve la Grande-Bretagne en janvier 1943 afin de combattre sur le théâtre d’opérations de l’Ouest. C’est durant cette période qu’il prend le nom de Romain Gary. Les missions consistent surtout à bombarder des sites de lancement de V1. Le 25 janvier 1944, il est le leader d’une formation de six appareils. Lors de l’attaque, il est blessé par un éclat d’obus. Malgré la blessure, il réussit à guider sa formation pour terminer le bombardement et rentrer à la base. Il aura effectué vingt-cinq missions de guerre sur le front de l’Ouest et termine le conflit au rang de capitaine. Il est décoré de la Croix de guerre, nommé Compagnon de la Libération et décoré par le général de Gaulle de la Légion d’honneur. C’est lui qui veillera à ce qu’il ait un poste diplomatique à l’issue de la guerre.

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